Séjour à Pskov
25 juin 2018
Séjour à Pskov

Pourquoi Pskov ? Questions fréquemment posée par mes interlocuteurs.

C’est simplement la première ville russe après la frontière qui dispose d’une école de langues. De plus, je voulais éviter un grand centre aseptisé avec les mêmes enseignes internationales que l’on voit partout.

Pari réussi, la ville a du caractère et elle fait tout pour s’éveiller. Le centre et les bords de la rivière sont en cours de réaménagement. Les parcs sont nombreux et étendus. Finalement, le plus important, ses habitants sont accueillants et curieux.

Pari moins réussi pour acquérir quelques notions de russe. Le but était d’assurer une base pour de simples conversations avec les autochtones. A cette heure je balbutie à peine quelques mots, peinant à trouver mon vocabulaire, à construire une simple phrase. Je mets en cause mon iPhone, à force de tout déléguer à cette puissante machine ces dernières années, mon cerveau c’est ramolli.

L’entrée en matière de ce séjour fut des plus emblématique. A peine arrivé, mes hôtes, Elena et Igor, m’ont mis à contribution pour débroussailler autour de leur datcha récemment achetée. Retour sur les lieux le lendemain pour un magnifique repas au milieu de ce jardin sauvage, pour l’anniversaire d’Igor. Démarrage en trombe à la vodka, poussé par ma voisine de table et au poisson séché décortiqué à la main sous mes yeux par mon voisin, je ne vais pas chipoter sur mes préférences alimentaires. Suivent d’innombrables toasts, pour d’innombrables raisons. Et pour rompre avec les clichées, les chauffeurs sont tirés au sort avant et ne boivent que très modérément. Les autres peuvent ainsi consommer, toujours avec mesure.

Elena et Igor dans le jardin

   

Repas à la datcha

Acya, ma prof de russe, m’invita à participer à une de ses leçons d’anglais pour adultes, afin d’y présenter mon minuscule pays. Ils étaient fort curieux au point de me solliciter la semaine d’après, pour expliquer les notions de durabilité et d’enjeux énergétiques. Il faut avouer que l’information est plutôt unidirectionnelle, très peu s’expriment sur la politique interne. L’héritage d’une autre époque sans doute et puis certainement une appréhension au changement.

Une lesson d'anglais

Genia, proche ami d’Igor, m’emmena un soir à naviguer en voilier sur la rivière Velikaïa, pour remonter jusqu’à l’élégant Kremlin du centre ville. Un moment de quiétude bienvenue car il faut avouer que les journées depuis mon départ sont bien remplies. C’est aussi lui qui m’invitera pour repas traditionnel dans la maison qu’il a construite, avec un « bania » séparé. Ce dernier est l’équivalent russe du sauna, avec plus d’humidité et des moments où l’on se fouette avec des bouquets de feuilles de bouleaux, pour activer la circulation. On se verse ensuite un sceau d’eau froide sur la tête en criant virilement. Entre deux séances, on passe à l’étage se détendre en écoutant des 78 tours de vielles chansons russes. Unique.

La rivière Velika

J’ai logé chez Elena et Igor qui habitent dans un complexe d’immeubles récents, de forte densité. Les constructions sont sobres et les finitions très aléatoires. Côté chauffage, on ne voit pas trop de thermostats, ils régulent en ouvrant ou fermant les fenêtres. Dans chaque salle de bain un tuyau d’eau chaude avec quelques coudes est installé pour faire office de sèche-linge. Il est allumé toute l’année. Malgré cette compacité de l’habitat, l’environnement est très sûr et propre. L’eau potable semble être un problème, soit vous équipez votre robinet d’un filtre, soit vous vous approvisionnez au coin de la rue en remplissant votre bouteille PET de 10 litres au distributeur et c’est payant.

Vue depuis ma chambre

Vivre dans ces grandes barres d’immeubles, me battre contres les insectes à la datcha, me faire battre aux feuilles de bouleaux dans un bania, expliquer ma démarche, slalomer entre les nids de poules en ville, me faire offrir des plaquettes de frein par le garage vélo du coin, trinquer avec le Directeur des Services Industriels, furent des moments simples et authentiques, à l’image de ce pays. Cliquez ici pour mieux connaître un chauffage à distance de la ville de Pskov.